Procès martinez zogo vidéo torture révélée à Yaoundé
procès martinez zogo : une vidéo macabre projetée en salle d’audience
Le procès de l’assassinat de Martinez Zogo, figure emblématique de la radio camerounaise, a marqué un tournant ce 1er juin 2026 au tribunal militaire de Yaoundé. Pour la première fois, une vidéo montrant l’animateur dans un état de souffrance extrême a été projetée devant les juges et les parties civiles. Un document accablant, extrait des données d’un accusé, qui a plongé l’assistance dans un silence de plomb.
Martinez Zogo, animateur de l’émission Embouteillages sur Amplitudes FM, avait été enlevé le 17 janvier 2023 avant d’être retrouvé sans vie cinq jours plus tard, à une vingtaine de kilomètres de Yaoundé. Son corps portait les stigmates d’une violence inouïe. Ce procès, qui s’éternise depuis mars 2024, tente d’éclairer les circonstances de sa mort tragique.
une scène insoutenable pour les proches et les avocats
La projection de la vidéo, où l’on voit Martinez Zogo ligoté, le visage ensanglanté et l’oreille ensanglantée, a provoqué une émotion intense dans la salle. Plusieurs personnes, dont des membres de la famille et des avocats, n’ont pu retenir leurs larmes. Ludovic Zabze, avocat de la radio Amplitudes FM, a témoigné de l’impact dévastateur de cette vision :
« Dès la fin de la vidéo, j’ai détourné le regard. J’ai fixé les accusés : ils étaient eux-mêmes effondrés. Cette scène est d’une violence inouïe, impossible à oublier. »
La vidéo, retrouvée dans le compte Google de Godje Oumarou, l’un des membres présumés du commando, a été présentée comme une preuve majeure par la défense des parties civiles.
les révélations de l’expertise numérique
Le Professeur Georges Bell Bitjocka, expert en informatique judiciaire, a détaillé devant le tribunal les analyses menées sur les téléphones de plusieurs accusés. Parmi eux, Jean-Pierre Amougou Belinga, patron du groupe de presse L’Anecdote, Bruno Bidjang et Martin Savom, maire de Bibey. Les données récupérées ont permis d’établir des liens directs entre les suspects et les faits reprochés.
Les échanges recovered entre les accusés, notamment un message du 17 janvier 2023, évoquent explicitement la capture d’images de la victime, désignée sous le pseudonyme de « la souris ». Une expression qui, selon l’accusation, faisait référence à Martinez Zogo.
les réactions de la défense : un procès sous haute tension
Les avocats des accusés tentent de minimiser leur implication. Maître Séri Zokou, représentant Maxime Eko Eko, ancien directeur de la DGRE (Direction générale de la Recherche extérieure), a affirmé que son client n’avait « aucun lien » avec les faits reprochés :
« Les éléments présentés ne concernent pas Maxime Eko Eko. Les téléphones et les données ont été transmis à la commission d’enquête puis au juge d’instruction sans aucune trace de son implication. »
À l’inverse, Maître Calvin Job, avocat des ayants droit de Martinez Zogo, a salué la portée de l’expertise numérique :
« Si le tribunal s’appuie sur ce rapport, plus de 90 % de l’affaire sera déjà résolue. »
martinez zogo, une voix dissidente réduite au silence
Animateur au franc-parler, Martinez Zogo ne mâchait pas ses mots dans son émission quotidienne. Chaque matin, il dénonçait les abus de pouvoir, les corruptions et les dysfonctionnements de la société camerounaise. Une liberté de ton qui lui a valu des ennemis, à l’exception notable du président Paul Biya, qu’il épargnait systématiquement.
Son enlèvement, son assassinat et les circonstances sordides de sa mort ont choqué le Cameroun. Le 22 janvier 2023, son corps nu, marqué par la torture, a été découvert sur un terrain vague. Une enquête a finalement abouti au renvoi de 17 accusés devant le tribunal militaire, dont des hauts gradés de la DGRE et des personnalités influentes.
qui sont les accusés ?
- Léopold Maxime Eko Eko : ancien directeur de la DGRE ;
- Justin Danwe : lieutenant-colonel et ex-directeur des opérations à la DGRE ;
- Jean-Pierre Amougou Belinga : patron du groupe L’Anecdote ;
- Stéphane Martin Savom : maire de Bibey et cadre administratif ;
- Plusieurs autres membres présumés du commando, dont Godje Oumarou.
Ce procès, qui a débuté officiellement en mars 2024, a connu de nombreux reports. Les débats sur le fond ont finalement été entamés en septembre 2025. La vidéo projetée ce 1er juin 2026 pourrait bien accélérer le rythme des révélations.