Polémique au Cameroun : Dougueli répond vivement à Owona Nguini sur la spéculation autour de la santé de Paul Biya
Georges Dougueli, journaliste, réplique fermement aux accusations d’Owona Nguini. Dans sa tribune, il rappelle que la spéculation fait partie du travail de journaliste et dénonce les dérives du politologue.
Georges Dougueli, journaliste, répond à Owona Nguini qui l’accuse de spéculer sur la mort du président Paul Biya. Il affirme que la spéculation sur la santé des chefs d’État fait partie intégrante du métier, et que rien n’est sacré pour les vrais journalistes. Il évoque même que certaines rédactions préparent des nécrologies avant le décès des personnalités. Pour lui, tout homme politique avisé subit ce regard critique, et il est impossible de couvrir la vie de l’État sans s’intéresser à l’état de santé de ceux qui l’incarnent.
Dougueli se demande à qui s’adresse la diatribe d’Owona Nguini. Il esquisse une analyse du public cible de ce qu’il appelle un mystificateur de plateau télé.
1. S’adresse-t-il aux suprématistes « Ekangs » ?
Owona Nguini se meut sur le terrain politique en manipulant des concepts dangereux. Sa répétition de « Je suis un seigneur » est révélatrice d’une mégalomanie, mais aussi de l’influence de Laburthe Tolra sur sa pensée. C’est Owona Nguini qui a détourné et vulgarisé le concept « Ekang », issu de la mythologie du Mvett. Selon l’anthropologue français, les Ekangs seraient descendus des berges du Nil pour coloniser la forêt équatoriale. Owona Nguini prend au premier degré ces thèses et est convaincu que cette population a vocation à gouverner certains territoires. Au Gabon, les Fangs, imprégnés de cette culture Mvett, ont vu le danger d’une telle singularisation suprématiste, qui a conduit à un rejet lors de l’élection présidentielle de 2009. Le concept « Ekang » n’a pas traversé la frontière sud du Cameroun. Pour Owona Nguini, faire de la politique, c’est désigner l’ennemi, comme il le fait avec les « Ntaalibams » ou aujourd’hui avec les « Églisiens ». Dougueli prévient que ce professionnel de l’agitation finira par créer de vrais problèmes.
2. Il s’adresse à la caste gouvernante contre la racaille
Dougueli s’interroge : qui peut croire que tous les soutiens de Samuel Eto’o sont des « écervelés » ou des nervis rémunérés ? En sonnant la charge contre « l’illettré » de la Fecafoot et ses « fanatiques incultes », Owona Nguini tente de mobiliser les clercs contre les gens d’en bas. Il construit une opposition entre les « cerveaux » et les « mollets ». Avec le clan qu’il promeut, il cherche à ériger Eto’o en « cancer » qu’il faut insulter et avilir jusqu’à ce que mort s’ensuive. Ce « meurtre » symbolique viserait à réhabiliter un clan dont l’image est ternie par la mauvaise gouvernance, la corruption, les crimes politiques et les mœurs babyloniennes. Il s’agit de remettre le peuple des « illettrés » à sa place, quitte à le dépouiller de sa souveraineté face à la volonté du monarque, par un usage abusif des « hautes instructions ».
Dougueli laisse aux constitutionnalistes, politologues, psychosociologues et psychanalystes le soin d’analyser plus en profondeur les propos de Monsieur Owona Nguini.