Un régime en marche vers l’autoritarisme
Dans son communiqué publié ce jeudi, Human Rights Watch met en lumière l’installation progressive d’un système politique liberticide au Niger. Depuis l’avènement de la junte dirigée par le général Abdourahamane Tiani, les mécanismes de contrôle démocratique se sont effrités, tandis que les libertés individuelles se trouvent de plus en plus restreintes. L’ONG pointe notamment la dissolution systématique des partis d’opposition et des syndicats autonomes, la suspension systématique des associations de la société civile, ainsi que l’emprisonnement de journalistes pour des motifs politiques. Une autre mesure controversée : la pénalisation des relations homosexuelles, désormais passible de lourdes peines d’emprisonnement.
Une transition politique floue et une insécurité persistante
Le rapport de HRW souligne également l’absence de calendrier électoral crédible, malgré les promesses initiales de retour à l’ordre constitutionnel. Les dirigeants militaires auraient en effet annoncé leur intention de maintenir leur emprise sur le pouvoir pour une durée indéterminée, potentiellement jusqu’en 2028. Parallèlement, la dégradation de la sécurité intérieure s’aggrave, avec des opérations militaires controversées contre les groupes armés jihadistes. L’organisation évoque notamment un raid aérien ayant causé la mort d’au moins 17 civils sur un marché en janvier dernier, un bilan humain lourd de conséquences. Enfin, Human Rights Watch s’inquiète du retrait du Niger de la juridiction de la Cour pénale internationale (CPI), une décision perçue comme une tentative d’échapper à toute responsabilité en cas de violations graves des droits humains.
