L’or du Cameroun s’évapore vers dubaï : l’enquête choc

L’or du Cameroun s’évapore vers dubaï : l’enquête choc

Comment des réseaux criminels détournent l’or camerounais vers Dubaï

Mineurs d’or à Betare Oya, Cameroun, illustration de 2018.

Dans les régions de l’Est et de l’Adamaoua, au Cameroun, l’exploitation de l’or est devenue une véritable ruée. Pourtant, derrière cette fièvre minière se cache un système opaque où des milliards s’échappent vers Dubaï, sous le contrôle de réseaux mafieux. Comment ces groupes criminels prospèrent-ils ? Quels sont les rouages de ce trafic ?

Des mines sans loi : l’État camerounais impuissant face à l’orpaillage sauvage

Les sites aurifères se multiplient dans l’Est et l’Adamaoua, souvent en dehors de tout cadre légal. Les mineurs artisanaux, exploités par des intermédiaires sans scrupules, creusent jour et nuit. L’État peine à imposer un contrôle : malgré les textes réglementaires, les zones minières restent le terrain de jeu de groupes organisés. Résultat ? Une production d’or qui échappe à toute traçabilité. Les chiffres officiels sont trompeurs : une partie colossale de la production locale ne transite jamais par les circuits légaux.

Les autorités camerounaises, conscientes du problème, tentent de réguler le secteur. Mais les moyens manquent. Les contrôles sont rares, et les sanctions, lorsqu’elles existent, touchent davantage les petits mineurs que les véritables organisateurs de ce trafic. Les complicités locales jouent un rôle clé : fonctionnaires corrompus, chefs traditionnels complices et même certains agents des forces de l’ordre ferment les yeux contre rémunération.

Dubaï, plaque tournante du trafic d’or africain

La destination finale de cet or illégal ? Dubaï, où le métal précieux est transformé en lingots ou en bijoux, puis réexporté vers les marchés internationaux. Le métropole émiratie est devenue la plaque tournante du trafic d’or en Afrique, grâce à son système bancaire opaque et à ses zones franches peu regardantes.

Les réseaux criminels camerounais, souvent liés à des groupes internationaux, exploitent ces failles. Ils utilisent des compagnies écrans et des faux documents pour blanchir l’or et le faire passer pour un produit légal. Les douanes des Émirats arabes unis peinent à démanteler ces filières, d’autant que les montants en jeu sont colossaux. Chaque année, des centaines de millions de dollars quittent le Cameroun sous forme d’or, échappant ainsi à toute fiscalité.

Les conséquences d’un trafic aux multiples visages

Au-delà des pertes économiques pour le Cameroun, ce trafic a des répercussions dramatiques. Les sites miniers illégaux sont souvent le théâtre d’accidents mortels, de travail des enfants et de conflits armés entre groupes rivaux. Sans compter l’évasion fiscale : l’État camerounais perd des milliards de francs CFA chaque année, des fonds qui pourraient financer des infrastructures ou des services publics.

Face à ce fléau, des voix s’élèvent pour exiger une coopération internationale renforcée. Mais les défis restent immenses. Les réseaux criminels s’adaptent en permanence, utilisant de nouvelles techniques pour contourner les contrôles. La lutte contre ce trafic nécessite une véritable volonté politique, tant au Cameroun qu’à l’échelle mondiale.

En bref : les points clés à retenir

  • Une production aurifère incontrôlée : l’exploitation illégale explose dans l’Est et l’Adamaoua.
  • Dubaï, destination privilégiée : le métal précieux est acheminé vers les Émirats pour être blanchi et réexporté.
  • Un système gangrené par la corruption : complicités locales et réseaux mafieux facilitent ce trafic.
  • Des conséquences dramatiques : pertes financières, insécurité et exploitation humaine.

L’or du Cameroun continue de s’envoler vers Dubaï, alimentant des circuits criminels toujours plus sophistiqués. Sans une mobilisation internationale et une réforme en profondeur du secteur minier, ce phénomène risque de durer. La question reste entière : jusqu’à quand le Cameroun fermera-t-il les yeux sur cette hémorragie économique ?

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