Le Sénégal expose ses avancées sur les objectifs de développement durable à l’ONU
Un bilan décennal des Objectifs de développement durable au Sénégal
Il y a dix ans, seulement un Sénégalais sur trois en milieu rural avait accès à l’électricité. Aujourd’hui, cette proportion atteint sept sur dix. C’est l’une des avancées majeures que le pays a mises en lumière à New York le 13 juillet 2026, lors de la présentation de sa troisième Revue nationale volontaire (RNV) devant le Forum politique de haut niveau pour le développement durable. Cheikh Tidiane Dièye, ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, a détaillé les progrès accomplis par le Sénégal dans sa quête des 17 Objectifs de développement durable (ODD).
Un forum dédié à l’action transformatrice et équitable
Organisé du 7 au 15 juillet sous l’égide du Conseil économique et social des Nations Unies, ce forum a mis l’accent sur cinq ODD prioritaires : l’eau et l’assainissement, l’énergie, les infrastructures et l’innovation, les villes durables et les partenariats stratégiques. Le Sénégal, aux côtés du Cabo Verde et de l’Italie, a partagé son expérience lors d’un panel dédié, illustrant ainsi l’engagement des pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre en faveur de l’Agenda 2030.
« Depuis notre première revue en 2018, puis en 2022, cette troisième RNV marque une étape supplémentaire dans notre volonté d’évaluer régulièrement les progrès réalisés », a déclaré le ministre, soulignant la participation active des ministères, des collectivités locales, de la société civile, du secteur privé et du système des Nations Unies. Une démarche collective qui a permis d’élaborer des rapports alternatifs, de consulter les associations de personnes en situation de handicap et de réaliser le premier Examen local volontaire complet, porté par la ville de Pikine.
Une Revue nationale volontaire est une auto-évaluation menée par le pays lui-même, permettant de présenter ses succès, d’identifier les retards et d’échanger des bonnes pratiques avec d’autres nations. Ces revues sont présentées lors du Forum politique de haut niveau, la principale instance onusienne dédiée au suivi de l’Agenda 2030.
Des résultats concrets pour les populations sénégalaises
Parmi les avancées les plus marquantes, le taux d’accès à l’eau potable atteint désormais 97,8 % en milieu urbain et 96 % en milieu rural, avec une progression de près de neuf points en dix ans. L’assainissement a également connu une amélioration significative, notamment en zone rurale, où la couverture est passée de 37,5 % à 64,5 % depuis 2015.
Le secteur énergétique n’est pas en reste : le taux d’accès à l’électricité est passé de 62 % en 2015 à 86 % en 2024, tandis que les énergies renouvelables représentent désormais 29,1 % de la puissance installée, contre seulement 3 % en 2016. Le pays vise un objectif de 40 % d’énergies renouvelables d’ici 2030.
Les infrastructures de transport ont également connu une transformation. Le Train Express Régional (TER) a vu sa fréquentation bondir à 23,1 millions de passagers en 2025, contre 2,7 millions dix ans plus tôt. Le Bus Rapid Transit (BRT) électrique, quant à lui, permet d’éviter l’émission de plus de 53 000 tonnes de CO₂ par an.
Des défis persistants et des leviers pour l’avenir
Malgré ces progrès, le Sénégal fait face à des défis majeurs. Plus de la moitié de la population vit désormais en milieu urbain, où le déficit en logements est estimé à près de 500 000 unités. La dette publique, quant à elle, atteint 116,1 % du PIB. Cependant, des indicateurs économiques positifs émergent : 69,7 % du budget national est financé par les impôts nationaux, contre 54,8 % en 2015. À Dakar, la qualité de l’air s’est améliorée, avec une baisse des particules fines de 35 à 21,8 microgrammes par mètre cube.
Pour accélérer sa transition, le Sénégal mise sur quatre leviers : la transformation économique autour de huit filières stratégiques, la sécurisation de l’eau et de l’assainissement via le Compact national pour la sécurité de l’eau, la mise en œuvre de sa Contribution déterminée au niveau national (CDN 3.0) et l’accélération des énergies renouvelables, ainsi que la mobilisation de financements durables grâce à des partenariats renforcés, y compris avec le Fonds monétaire international (FMI).
Un dialogue franc et des engagements renforcés
Lors du dialogue interactif qui a suivi la présentation, plusieurs délégations ont interpellé le Sénégal. La Gambie a salué les liens historiques et familiaux unissant les deux pays, avant de questionner les mesures de transparence et de lutte contre la corruption. Cheikh Tidiane Dièye a répondu en citant les avancées réalisées par l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) et le Pool judiciaire financier. Il a rappelé que le Groupe d’action financière (GAFI) a retiré le Sénégal de sa liste des juridictions sous surveillance renforcée en octobre 2024, une décision confirmée en juin 2026.
La délégation espagnole a interrogé le rôle de la diaspora dans le développement. Le ministre a répondu que la migration bien gouvernée génère des bénéfices partagés, permettant aux pays d’accueil de profiter des compétences des migrants et aux pays d’origine d’accéder aux transferts financiers et aux compétences. Une coopération équilibrée avec l’Espagne est envisagée pour approfondir ces partenariats.
Enfin, la délégation irlandaise a félicité le Sénégal pour le parcours des Lions de la Teranga lors de la Coupe du monde, marquant un moment symbolique de solidarité internationale.
En conclusion, Cheikh Tidiane Dièye a réaffirmé l’engagement du Sénégal envers l’Agenda 2030 et sa volonté de poursuivre cette dynamique avec la communauté internationale.