Le Gabon mise sur l’industrie verte pour une croissance durable
Lors du Forum de Boao à Perth, en Australie, le Gabon a exposé sa feuille de route pour une transition industrielle respectueuse de l’environnement. Hermann Immongault, vice-président du gouvernement gabonais, a détaillé devant un auditoire d’investisseurs et de décideurs la stratégie nationale axée sur l’industrie verte, lors d’une session dédiée aux leviers de la croissance durable.
La vision présentée repose sur quatre piliers majeurs : la transformation locale des ressources, l’intégration d’un contenu local renforcé, l’innovation technologique et le renforcement des partenariats financiers. L’objectif affiché est de bâtir une économie à la fois compétitive et résiliente, tout en réduisant la dépendance aux exportations de matières brutes.
Hermann Immongault a souligné l’ambition gabonaise de ne plus se limiter au rôle de fournisseur de ressources naturelles. « Notre pays ambitionne de s’imposer comme un acteur clé des chaînes de valeur intégrées dans le secteur vert. Nous ne voulons plus être de simples exportateurs de bois ou de minerais, mais des fabricants de produits finis à haute valeur ajoutée », a-t-il affirmé. Cette approche vise également à générer des emplois stables et des opportunités économiques pour les entreprises locales et les populations.
Parmi les réalisations phares mises en avant, la Zone économique spéciale de Nkok, gérée par GSEZ, se distingue comme la première zone industrielle africaine certifiée neutre en carbone selon la norme ISO 14064-1. Ce site exemplaire mise sur la valorisation des déchets de bois, le recyclage des plastiques et des pneus usagés pour créer une économie circulaire performante.
Autre projet emblématique évoqué : l’initiative Belinga, menée en collaboration avec le groupe australien Fortescue. Ce partenariat vise à développer une filière complète autour du « fer vert », un métal produit grâce à des procédés à faible empreinte carbone. Ces avancées technologiques et industrielles s’inscrivent dans une logique de durabilité, tout en garantissant la protection des intérêts des communautés locales.
Enfin, les discussions ont porté sur les mécanismes de financement nécessaires pour accélérer cette transition. Hermann Immongault a insisté sur la nécessité de mobiliser des capitaux verts internationaux, tout en veillant à ce que les retombées économiques profitent prioritairement aux habitants et aux acteurs économiques nationaux.