Libreville, Afrique centrale — Dans un monde où les alliances traditionnelles se fragilisent et où les enjeux climatiques et économiques redessinent les rapports de force, le Gabon renforce son rôle au sein des instances du Sud global.
La participation remarquée de la délégation gabonaise aux travaux du Bureau du Conseil des ministres de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP), réunis à Bruxelles le 15 juillet, témoigne de cette ambition. Menés par le ministre délégué au Budget, Marc Abeghe, et l’ambassadeur Régis Immongault Tatangani, les représentants gabonais ont marqué leur engagement pour façonner les nouvelles orientations du multilatéralisme contemporain.
L’OEACP : une institution en pleine refonte
L’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique traverse une période charnière. Longtemps perçue comme un partenaire privilégié de l’Union européenne, elle cherche désormais à affirmer son autonomie et son influence sur la scène internationale. Les discussions de Bruxelles ont porté sur des réformes structurelles, la mise en œuvre de l’Accord de Samoa et la nécessité de renforcer la visibilité de l’organisation face aux bouleversements géopolitiques actuels.
L’Accord de Samoa, qui succède aux accords de Cotonou, marque un tournant en redéfinissant les relations entre les États membres et leurs partenaires internationaux. Les priorités incluent désormais la lutte contre le changement climatique, la sécurité alimentaire, la gouvernance, les migrations et les transitions énergétiques. Pour les pays africains, cette nouvelle dynamique représente une opportunité de promouvoir des partenariats équilibrés, fondés sur l’égalité plutôt que sur l’assistance.
Le Gabon, acteur clé de l’Afrique centrale
En tant que coordonnateur de la région Afrique centrale et membre du Bureau du Conseil des ministres de l’OEACP, le Gabon a joué un rôle central lors des échanges. La délégation a défendu une gouvernance plus inclusive et une accélération des engagements issus de la Déclaration de Malabo et de l’Accord de Samoa.
Les débats ont également porté sur la viabilité financière de l’organisation, son repositionnement stratégique et le renforcement du dialogue entre États membres pour mieux répondre aux défis économiques, sociaux et environnementaux. Cette démarche illustre l’évolution de la diplomatie gabonaise, qui allie ancrage régional et présence affirmée dans les enceintes multilatérales.
Libreville a notamment mis en avant ses priorités : financement du développement, réforme de la gouvernance mondiale et défense des intérêts des économies africaines intermédiaires.
Priorités économiques et environnementales
Outre les questions institutionnelles, le Gabon a rappelé ses objectifs stratégiques. La diversification économique, l’industrialisation et la valorisation des chaînes de valeur locales figurent parmi les axes majeurs de sa politique. Le pays, reconnu comme le premier puits de carbone par habitant, défend une approche combinant développement et protection des écosystèmes.
Cette vision s’accompagne d’une recherche active de partenariats pour soutenir sa transition économique et environnementale, dans un contexte où le multilatéralisme devient un levier essentiel de souveraineté pour les États africains.
