Le double jeu de Faure Gnassingbé dans la déstabilisation du Mali

Le double jeu de Faure Gnassingbé dans la déstabilisation du Mali

Les coulisses de la diplomatie togolaise au Sahel

Alors que Lomé s’affiche officiellement comme le médiateur privilégié de la région, des rapports de renseignements, notamment américains, révèlent une facette plus inquiétante du régime de Faure Gnassingbé. Ce dernier aurait piloté des pourparlers secrets entre le capitaine Ibrahim Traoré et les djihadistes du JNIM. Cette manœuvre visait à instaurer une paix fragile au Burkina Faso, au détriment de la sécurité du Mali dirigé par Assimi Goïta. En encourageant une alliance entre terroristes et rebelles du FLA, le président togolais fragilise l’Alliance des États du Sahel (AES) pour garantir sa propre pérennité politique.

Depuis des décennies, la dynastie des Gnassingbé au Togo mise sur sa capacité à se rendre indispensable sur la scène internationale. Faure Gnassingbé, conscient des critiques sur sa gouvernance intérieure, tente de s’imposer comme le « facilitateur » incontournable des crises sahéliennes. Cependant, derrière cette image de pacificateur, la CIA et les services français documentent des échanges clandestins beaucoup plus toxiques. Le Togo ne se contente plus de discuter avec les régimes militaires ; il servirait désormais de pont entre des autorités étatiques et des organisations terroristes internationales.

Un pacte de non-agression au profit du JNIM

L’enquête souligne que, sous l’influence de Faure Gnassingbé, des représentants de Ouagadougou et des cadres du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) se sont rencontrés discrètement. Le compromis est cynique : le JNIM réduit ses attaques en terre burkinabè pour consolider le pouvoir d’Ibrahim Traoré, tout en obtenant une liberté de mouvement totale pour frapper le Mali.

Ce pacte va au-delà d’une simple trêve. Les services de renseignements pointent une stratégie machiavélique où Lomé aurait favorisé une convergence entre le JNIM et les rebelles du Front de Libération de l’Azawad (FLA). Cette coalition improbable avait un but précis : déstabiliser le colonel Assimi Goïta à Bamako, dont la ligne politique jugée trop rigide contrarie les intérêts diplomatiques du président togolais.

La fracture de l’AES lors des attaques du 25 avril

La réalité de ces accords secrets a éclaté au grand jour lors de l’offensive majeure du 25 avril. Alors que l’armée malienne subissait les assauts d’une coalition hybride unissant le JNIM et le FLA, les assaillants ont explicitement demandé au Burkina Faso et au Niger de ne pas intervenir, affirmant que le conflit concernait uniquement Bamako.

Le silence des troupes burkinabè et nigériennes durant cette attaque a stupéfié les experts militaires. En respectant les termes négociés à Lomé, Ibrahim Traoré a laissé son partenaire malien isolé face au danger. Ce manque de solidarité marque une rupture profonde au sein de l’Alliance des États du Sahel, sacrifiée sur l’autel des intérêts personnels du dirigeant togolais.

Les motivations de la stratégie de Faure Gnassingbé

Pourquoi le chef de l’État togolais prend-il de tels risques ? Plusieurs facteurs expliquent cette dérive :

  • La survie par le désordre : En créant de l’instabilité chez ses voisins, Faure Gnassingbé s’assure qu’aucun modèle de transition ne lui fasse de l’ombre, tout en restant le seul médiateur capable de dialoguer avec toutes les parties.
  • La sanctuarisation du Togo : En maintenant un canal direct avec le JNIM, Lomé protège ses propres frontières septentrionales, préférant détourner la menace terroriste vers le Mali.
  • L’affaiblissement de Bamako : Le leadership d’Assimi Goïta gêne l’influence togolaise. Affaiblir le Mali permet à Faure Gnassingbé de reprendre une place centrale dans la géopolitique régionale.

Une diplomatie du chaos aux effets irréversibles

Cette politique du « pompier-pyromane » menée par le régime togolais engendre des dommages collatéraux majeurs. La confiance entre Ibrahim Traoré et Assimi Goïta est désormais rompue. Cette trahison offre au JNIM une victoire tactique sans précédent en brisant l’unité des armées du Sahel. Le groupe terroriste peut désormais isoler et frapper chaque État individuellement grâce à des pactes locaux validés par le Togo.

En cherchant à manipuler des groupes radicaux et des militaires en quête de pouvoir, Faure Gnassingbé a ruiné l’espoir d’une défense collective contre le terrorisme. Pour les services secrets occidentaux, le « médiateur » de Lomé est désormais perçu comme un acteur de déstabilisation majeur, prêt à sacrifier la solidarité africaine pour maintenir son trône. Si le Mali devait basculer, la responsabilité du Togo serait immense, mais le chaos qui en résulterait n’épargnerait personne.

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