La France renforce son appui à la rdc sur la gestion des ressources naturelles à l’ONU
La France renforce son appui à la RDC sur la gestion des ressources naturelles à l’ONU
- Sécurité
La République démocratique du Congo (RDC), actuellement à la présidence du Conseil de sécurité des Nations unies, a mis en avant une problématique cruciale pour les conflits contemporains : la gouvernance des ressources naturelles. Lors d’une réunion organisée à New York le 13 juillet sous le format « Arria », Kinshasa a souligné l’urgence d’intégrer cette question dans les débats internationaux, culminant avec un débat de haut niveau prévu le 22 juillet.
Sous le thème « La gouvernance des ressources naturelles, fondement de la paix, de la sécurité et de la prospérité », cette initiative diplomatique vise à combler une lacune normative identifiée par les autorités congolaises. Selon Kinshasa, les mécanismes actuels de traçabilité des minerais, de diligence des entreprises et de lutte contre le financement des conflits manquent de cohérence et d’intégration. La RDC propose ainsi un cadre international plus structuré, liant gouvernance des ressources, prévention des conflits et sécurité mondiale.
Cette démarche stratégique, qui dépasse la simple dimension économique, place les ressources naturelles au cœur des enjeux de paix. La France, par la voix de son ambassadeur permanent à l’ONU, Jérôme Bonnafont, a salué cette initiative et réaffirmé son soutien total :
« Les ressources naturelles doivent servir de levier au développement durable et équitable des populations et des pays qui les abritent. Elles doivent être protégées contre les prédateurs et leur exploitation malveillante. La France soutient pleinement l’objectif de la RDC visant à renforcer et harmoniser les initiatives internationales pour un usage optimal de ces ressources. Nous sommes prêts à contribuer activement aux travaux du Conseil qui accompagneront le débat de haut niveau organisé par la RDC avec le président Félix-Antoine Tshisekedi la semaine prochaine. »
Cette séquence diplomatique s’inscrit dans le cadre des priorités de la présidence congolaise du Conseil de sécurité. Elle fait suite à un briefing sur les violences sexuelles liées aux conflits, tenu le 8 juillet, qui avait mis en lumière les conséquences humaines des économies de guerre et l’impérieuse nécessité de renforcer la prévention, la protection des victimes et la lutte contre l’impunité.
Ces initiatives surviennent dans un contexte géopolitique complexe. La RDC entretient un partenariat stratégique avec les États-Unis autour des minerais critiques et a signé un accord avec le Rwanda pour désamorcer les tensions, incluant le retrait progressif des forces rwandaises et la neutralisation des groupes armés dans l’est du pays. Malgré ces avancées diplomatiques, la situation sécuritaire reste fragile. Le processus de Doha, visant à faciliter le dialogue entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23, peine à aboutir, tandis que cette dernière contrôle toujours Goma, Bukavu et d’autres localités du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Les affrontements persistent, révélant un décalage persistant entre les engagements diplomatiques et la réalité sur le terrain. Cette situation relance le débat sur l’efficacité des mécanismes de paix face aux défis sécuritaires persistants.