JNIM: les civils de Niamey dans le viseur du groupe jihadiste
La situation sécuritaire au Niger est marquée par une inquiétante proximité des menaces avec la capitale. Le 26 juin 2026, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) a diffusé une vidéo en langue zarma dans laquelle son porte-parole, Abdulmajid al-Ansari, adresse un message alarmant aux populations de Niamey.
Dans son allocution, le groupe affirme ne pas prendre les civils pour cibles. Il accuse toutefois une partie de la population d’avoir collaboré avec les Forces de défense et de sécurité (FDS) lors de l’attaque contre l’aéroport de Niamey le 18 juin 2026. Sur la base de cette accusation, le mouvement menace explicitement toute personne qui se déplacerait aux abords de la capitale, se disant capable de frapper jusque dans Niamey. Il ajoute que les opérations déjà menées ne constituent qu’un prélude à des actions qu’il qualifie de « bien plus importantes ».
Ce message marque une évolution préoccupante dans la communication du JNIM. En assimilant des civils à des soutiens militaires présumés, le groupe entretient une ambiguïté qui risque d’accroître la peur parmi la population. Même si une organisation armée déclare ne pas viser les civils, le simple fait de les désigner comme collaborateurs potentiels augmente considérablement leur vulnérabilité face à la violence et à l’intimidation.
Ces propos s’inscrivent dans un contexte où les attaques se sont multipliées au Niger ces dernières années, en dépit des changements de stratégie sécuritaire et du renforcement des partenariats militaires. Ils illustrent également la volonté des groupes jihadistes d’exercer une pression psychologique sur les populations, en diffusant des messages destinés à semer la crainte, à fragiliser la confiance envers les autorités et à limiter les déplacements dans certaines zones.
Au-delà de leur dimension militaire, ces menaces constituent un instrument de guerre psychologique. Elles visent à instaurer un climat d’insécurité permanent, à décourager toute coopération entre citoyens et forces de sécurité, et à démontrer que les groupes armés cherchent à étendre leur influence jusqu’aux portes de la capitale. Face à ce type de communication, le défi pour les autorités est à la fois sécuritaire et informationnel : protéger les populations tout en évitant que la propagande ne nourrisse la peur qu’elle cherche précisément à provoquer.