Interdiction des smartphones pour les militaires en rdc : sécurité renforcée à l’est

Interdiction des smartphones pour les militaires en rdc : sécurité renforcée à l’est

Interdiction des smartphones pour les militaires en RDC : une mesure cruciale pour la sécurité des troupes

L’armée congolaise vient de franchir un pas décisif en interdisant l’usage des téléphones portables à ses soldats déployés dans les zones sensibles de l’Est du pays. Cette décision intervient après plusieurs échecs opérationnels imputés, en partie, à l’utilisation imprudente de ces appareils sur le terrain.

Soldat en patrouille dans la région d'Oicha après une attaque des ADF en 2025

Des vidéos compromettantes sur les réseaux sociaux

Depuis quelque temps, les réseaux sociaux sont inondés de vidéos mettant en scène des militaires des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et des combattants Wazalendo. Ces enregistrements montrent tantôt des victoires sur le champ de bataille, tantôt des demandes de renforts, des plaintes sur les moyens logistiques ou financiers, voire des scènes de fuite. Une pratique qui a fini par inquiéter l’état-major, au point de justifier l’interdiction totale des smartphones.

Un sous-lieutenant, ayant requis l’anonymat, confie avoir l’habitude d’emporter son téléphone lors des missions dans la zone opérationnelle d’Uvira-Fizi, au Sud-Kivu :

« J’utilise mon téléphone pour rester en contact avec ma famille, qui vit loin de moi. Mes proches ont besoin de savoir si je suis toujours en vie, car le champ de bataille est une question de vie ou de mort. Je ne connais aucun soldat qui prendrait le risque de signaler volontairement sa position à l’ennemi. Cependant, si l’ordre est donné, nous obéirons, à condition que nos replis stratégiques ne nous exposent plus inutilement. »

Une décision motivée par la sécurité des troupes

Le porte-parole intérimaire des FARDC, le lieutenant-colonel Mak Hazukay, a officiellement rappelé que l’utilisation d’un téléphone allumé ou mal utilisé peut trahir la position des unités, les exposant à des tirs ou à des attaques ciblées. Il a exhorté les militaires à ne partager aucune information stratégique — position, déplacements, missions, effectifs ou images des opérations — ni sur les réseaux sociaux, ni via messagerie.

Kelvin Bwija, coordonnateur de la Société Civile du Congo (Socico) dans la région d’Uvira, salue cette décision :

« C’est une mesure nécessaire, car certains militaires des FARDC utilisaient leurs téléphones pour communiquer avec des ennemis de la RDC, voire pour transmettre des informations sensibles. En tant que société civile, nous soutenons cette initiative de l’armée congolaise. »

Un outil indispensable devenu une menace

Maître Aimé Bisimwa, défenseur des droits humains, reconnaît que le téléphone portable est devenu un outil incontournable dans la vie quotidienne. Cependant, il rappelle que les militaires doivent se conformer aux ordres de leur hiérarchie :

« Respecter cette interdiction ne viole aucun droit à la communication pour les soldats. Partout dans le monde, les militaires ont l’obligation de se dissimuler et de ne pas divulguer leur position à l’ennemi. Quelles que soient les difficultés rencontrées, ils doivent se souvenir qu’ils ont prêté serment de servir jusqu’au sacrifice ultime. »

Une guerre qui se poursuit malgré tout

Sur le terrain, les combats persistent dans plusieurs villages des hauts et moyens plateaux des territoires de Mwenga et Fizi, au Sud-Kivu. Ces affrontements opposent la coalition rebelle AFC/M23–Twirwaneho, soutenue par l’armée rwandaise selon les rapports de l’ONU, à la coalition FARDC-Wazalendo, épaulée par l’armée burundaise.

Cette interdiction des smartphones s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la discrétion et l’efficacité des opérations militaires dans l’Est de la RDC.

ouagadirect