Industrialisation de la Côte d’Ivoire : un levier essentiel pour son essor économique
Pourquoi l’industrialisation est cruciale pour l’économie ivoirienne ?
Lors d’un déjeuner de presse organisé à Abidjan-Plateau le 8 mai 2026, la question de l’industrialisation de la Côte d’Ivoire a été au cœur des débats. Paul-Harry Aithnard, directeur régional UEMOA et directeur général d’Ecobank Côte d’Ivoire, a partagé son analyse sur ce sujet stratégique. Selon lui, l’industrialisation représente une étape incontournable pour que la Côte d’Ivoire rejoigne le cercle des pays émergents, à l’image de la Malaisie.
Pour illustrer son propos, Paul-Harry Aithnard a comparé les trajectoires économiques des deux pays. « Le PIB de la Côte d’Ivoire s’élève aujourd’hui à 100 milliards de dollars, un niveau que la Malaisie avait atteint il y a 25 ans. Pourtant, entre 2000 et 2025, ce pays d’Asie du Sud-Est a quadruplé son PIB, atteignant plus de 400 milliards de dollars », a-t-il souligné. Cette performance illustre clairement le potentiel transformateur de l’industrialisation.
Les piliers d’une industrialisation réussie en Côte d’Ivoire
Pour que la Côte d’Ivoire puisse multiplier par quatre son économie en 25 ans, comme l’a fait la Malaisie, plusieurs leviers doivent être actionnés. Paul-Harry Aithnard met en avant trois axes majeurs :
- L’inclusion financière : Le développement de l’accès aux services bancaires et financiers pour la population est essentiel. Cela passe par la possibilité de stocker de l’argent, de réaliser des paiements, de financer des projets et d’investir, notamment pour les petits épargnants. L’objectif ? Permettre à chacun de contribuer activement à la croissance économique.
- La digitalisation : La modernisation des outils technologiques est un moteur clé pour accélérer la productivité et réduire les coûts. La Côte d’Ivoire doit miser sur l’innovation pour transformer son tissu industriel et renforcer sa compétitivité sur la scène internationale.
- Le financement des infrastructures : Le secteur privé, et en particulier le secteur bancaire, a un rôle clé à jouer en accompagnant cette vision par le financement des grands projets d’infrastructures. Comme le souligne Paul-Harry Aithnard, « ce choix de financer les infrastructures est un engagement délibéré que nous avons pris ».
Le rôle de l’État dans ce processus
Si le secteur privé est un acteur majeur, l’État doit également jouer sa partition pour soutenir cette dynamique industrielle. Plusieurs domaines nécessitent une attention particulière :
- L’approvisionnement en électricité : Sans une énergie stable et suffisante, l’industrialisation ne peut se concrétiser. La Côte d’Ivoire a déjà accompli des progrès notables dans ce domaine, avec une production énergétique multipliée ces dernières années.
- L’éducation et la formation : Le renforcement des compétences dans les sciences, la technologie et le management est indispensable. Paul-Harry Aithnard salue les efforts déjà entrepris dans ce sens, tout en soulignant qu’il reste des défis à relever pour aligner le système éducatif sur les besoins du marché du travail.
En combinant ces différents leviers, la Côte d’Ivoire pourrait non seulement atteindre ses objectifs de croissance, mais aussi devenir un acteur économique majeur en Afrique de l’Ouest. L’industrialisation n’est pas une option, mais une nécessité pour assurer un développement durable et inclusif.
Le message est clair : pour transformer son économie et améliorer le niveau de vie de sa population, la Côte d’Ivoire doit accélérer sa transition vers une économie industrialisée. Les exemples internationaux, comme celui de la Malaisie, prouvent que cette voie est non seulement viable, mais aussi porteuse de résultats exceptionnels.