Groupe Wagner ou africa corps : quel impact en Centrafrique ?
groupe Wagner ou africa corps : quel impact en Centrafrique ?
La Centrafrique se trouve aujourd’hui à un carrefour stratégique face aux deux groupes militaires russes : le groupe Wagner, en perte de vitesse depuis la mort d’Evguéni Prigojine, et le tout nouveau Africa Corps, imposé par Moscou. Mais que représentent ces deux entités pour les civils centrafricains ? Et surtout, quel choix s’offre au président Touadéra ?
des stratégies aux conséquences similaires pour les populations
Depuis plusieurs années, le groupe Wagner a marqué la Centrafrique par son mode opératoire violent : pillage des ressources naturelles, exactions envers les civils, et absence totale de transparence. Aujourd’hui, l’Africa Corps émerge comme son successeur, avec une différence majeure : il est directement placé sous le commandement du ministère russe de la Défense. Pourtant, les observateurs s’accordent sur un point : les méthodes restent identiques.
Selon un expert cité par Associated Press, l’Africa Corps ne représente qu’une évolution structurelle. Les crimes commis engagent désormais officiellement la responsabilité du gouvernement russe, contrairement à Wagner, qui opérait en dehors de tout cadre légal. Mais pour les populations locales, cette distinction n’a que peu d’importance : mêmes violences, mêmes exactions.
l’Africa Corps en action au Mali : un avant-goût de ce qui attend la Centrafrique
Le passage de témoin entre Wagner et Africa Corps s’est déjà opéré au Mali. Les témoignages de réfugiés maliens installés en Mauritanie révèlent une réalité glaçante : les populations civiles paient le prix fort.
Les récits recueillis par Associated Press auprès de 34 réfugiés sont accablants : assassinats ciblés ou aveugles, enlèvements, viols systématiques, et destruction de villages entiers. Fatma, une mère de famille, raconte comment les hommes de l’Africa Corps ont tué son fils et sa fille de 18 ans, simplement pour s’emparer de leurs maigres biens. « Je ne suis plus qu’une survivante. Mon cœur ne bat plus. »
Une autre victime, Mougaloa, éleveuse peule, a vu son fils de 20 ans égorgé sous ses yeux. Les Peuls, régulièrement accusés de complicité avec les djihadistes, sont particulièrement ciblés. « Si tu parles aux soldats, les djihadistes te tueront. Si tu te tais, l’armée te tuera », explique-t-elle.
des méthodes de terreur orchestrées par des acteurs opaques
Les membres de l’Africa Corps ne se contentent pas de tuer : ils pillaient aussi les organes des victimes, comme en témoignent des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. Ces exactions rappellent étrangement celles attribuées à Wagner au début de son intervention en Centrafrique.
Les chiffres officiels indiquent une baisse des meurtres attribués aux Russes en 2025 (447 contre 911 l’année précédente). Pourtant, ces données sont probablement sous-estimées : la peur des représailles pousse les civils au silence. Sukru Cansizoglu, représentant du HCR en Mauritanie, confirme : « Les viols, les attaques et les tueries sont une réalité quotidienne. Mais identifier les responsables reste un défi. »
Une autre particularité de l’Africa Corps réside dans sa composition. Si les effectifs russes sont estimés à 2 000 hommes, des combattants issus de Biélorussie et de plusieurs pays africains se joignent à leurs rangs. Cette diversité rend leur traçabilité encore plus complexe.
que choisir pour la Centrafrique ? une équation sans issue
Le président Touadéra doit maintenant trancher : conserver Wagner ou basculer vers l’Africa Corps. Dans les deux cas, les civils centrafricains subissent les mêmes exactions. Les seules différences résident dans le mode de financement : Wagner s’autofinançait par le pillage, tandis que l’Africa Corps coûte 10 milliards de francs CFA par mois à Moscou.
Le choix devient alors une question de survie. Wagner était déjà synonyme d’horreur. L’Africa Corps, malgré son nouveau visage, semble promettre le même avenir : une terreur organisée, des villages rayés de la carte, et une impunité totale.
Pour les Centrafricains, la décision est sans appel : ni l’un ni l’autre ne leur laisse d’espoir.