Goma face à la crise après la fermeture de la frontière avec le Rwanda

Goma face à la crise après la fermeture de la frontière avec le Rwanda

Goma : une ville en proie aux tensions économiques après la fermeture de la frontière avec le Rwanda

La cité de Goma, vitale pour les échanges commerciaux entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, subit de plein fouet les conséquences de la fermeture des postes frontaliers. Cette mesure, instaurée sous prétexte sanitaire pour endiguer la propagation de la maladie à virus Ebola, asphyxie progressivement l’activité économique locale. Commerçants, transporteurs et consommateurs ressentent déjà les effets dévastateurs de cette décision.

archives | frontiÈre rdc-Rwanda

Des commerçants au bord de l’asphyxie économique

Le quotidien des petits entrepreneurs de Goma se transforme en véritable calvaire. Jacques Safari, un vendeur ambulant d’œufs qui opère près de la frontière, illustre cette détresse. Avant la fermeture, il écoulait jusqu’à cinq plaquettes d’œufs par jour, principalement vendues à des voyageurs transfrontaliers. Aujourd’hui, ses ventes ont chuté de plus de moitié, ne dépassant plus deux plaquettes quotidiennes. « Avant, ma clientèle était composée à 80 % de voyageurs traversant vers le Rwanda. Sans eux, mon commerce s’effondre », confie-t-il, amer.

Les grossistes ne sont pas épargnés. Au marché de Birere, Hamuli Kasilembo, spécialisé dans la distribution de produits manufacturés, décrit une situation tout aussi critique. « Les livraisons depuis Gisenyi étaient notre poumon économique. Aujourd’hui, nous subissons des retards logistiques et une chute vertigineuse de la demande », explique-t-il. Les transactions se raréfient, et la circulation de l’argent s’est ralentie, aggravant les difficultés financières des acteurs économiques locaux.

Un pilier commercial menacé : l’avis des experts

Les économistes tirent la sonnette d’alarme. Alphonse Muanda, spécialiste des questions commerciales, rappelle l’importance vitale des échanges transfrontaliers pour Goma et sa région. « Ces flux quotidiens ne sont pas anodins. Des milliers de petits commerçants en dépendent pour survivre. La fermeture des frontières prive des familles de leurs revenus journaliers et asphyxie une économie déjà fragile », souligne-t-il.

Les produits de première nécessité, comme le riz ou le savon, étaient autrefois achetés en gros à Gisenyi avant d’être revendus à Goma. Désormais, leur approvisionnement devient aléatoire, entraînant une hausse des prix et une pénurie progressive. Les habitants craignent que cette crise ne s’aggrave dans les semaines à venir, avec des répercussions sociales difficilement gérables.

Alors que les autorités rwandaises justifient cette mesure par des impératifs sanitaires, les conséquences socio-économiques se font déjà ressentir. Goma, ville frontalière, paie le prix fort d’une décision qui menace son équilibre économique et social.

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