Golfe de Guinée : une approche intégrée pour sécuriser durablement la région

Golfe de Guinée : une approche intégrée pour sécuriser durablement la région

Depuis ce mardi 3 juin 2026, Lomé accueille un Dialogue régional d’envergure dédié au renforcement des mécanismes de prévention dans le Golfe de Guinée. Cette rencontre rassemble des décideurs politiques, des représentants institutionnels, des agences onusiennes, des bailleurs de fonds ainsi que des acteurs communautaires engagés dans la promotion de la paix et la prévention des conflits.

Lors de l’ouverture des travaux, le ministre togolais en charge de la Sécurité, Calixte Madjoulba, a livré un message sans ambiguïté : face à la montée des risques sécuritaires en Afrique de l’Ouest, une réponse collective, durable et axée sur la prévention s’impose pour préserver la stabilité de toute la sous-région.

Un cocktail explosif de menaces en Afrique de l’Ouest

Dans son allocution, Calixte Madjoulba a dressé un tableau alarmant des défis qui pèsent sur le Golfe de Guinée. Entre progression de l’extrémisme violent, criminalité transfrontalière, trafics illicites, circulation illégale d’armes, tensions intercommunautaires et pression climatique, la région subit une dégradation progressive de ses équilibres socio-économiques.

À ces défis s’ajoutent les répercussions de la crise sahélienne : déplacements massifs de populations, saturation des systèmes d’accueil et pression accrue sur les ressources locales. Calixte Madjoulba a rappelé avec force que « aucun État ne peut, à lui seul, apporter une réponse pleinement efficace ». Les menaces actuelles, en effet, transcendent les frontières nationales et appellent une coordination régionale renforcée.

Le Togo mise sur une sécurité globale et inclusive

Pour le gouvernement togolais, la lutte contre l’insécurité ne saurait se limiter à des mesures purement sécuritaires. Calixte Madjoulba a martelé ce point : « La sécurité durable ne peut reposer uniquement sur des réponses militaires ou policières ».

Cette vision s’inscrit dans la dynamique impulsée par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, qui privilégie une approche holistique combinant sécurité, développement et cohésion sociale. L’objectif ? Agir sur les racines des crises en réduisant les inégalités, en améliorant la gouvernance, en renforçant l’inclusion sociale, en créant des emplois pour les jeunes et en soutenant la résilience des communautés.

« Protéger, Rassembler, Transformer » : la boussole de l’action publique

Le ministre a présenté le triptyque « Protéger, Rassembler, Transformer » comme le socle de la stratégie nationale. Chacun de ces termes correspond à une priorité stratégique :

  • Protéger : assurer la sécurité des citoyens et préserver la paix sociale.
  • Rassembler : favoriser le dialogue, restaurer la confiance entre les populations et les institutions, et consolider la cohésion nationale.
  • Transformer : agir sur les causes structurelles des vulnérabilités en développant des opportunités économiques, en réduisant les disparités et en bâtissant des communautés plus résilientes.

Ce modèle, selon Calixte Madjoulba, s’aligne parfaitement avec les objectifs du Dialogue régional organisé à Lomé.

De l’intention à l’action : concrétiser les engagements

Le thème de cette rencontre, « De l’engagement à l’impact », reflète la volonté des participants de passer des déclarations d’intention à des résultats tangibles. Le ministre a exhorté les États et leurs partenaires à traduire leurs promesses en actions concrètes au service des populations.

« Les citoyens attendent des solutions concrètes à leurs difficultés quotidiennes », a-t-il insisté. Pour lui, l’enjeu est de mettre en place des mécanismes capables d’anticiper les crises avant qu’elles n’éclatent, de prévenir les conflits avant qu’ils ne s’enracinent et de renforcer la résilience des territoires à long terme.

L’ONU aux côtés des pays du Golfe de Guinée

Calixte Madjoulba a salué le soutien actif du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Ces agences accompagnent la région via la Facilité conjointe de prévention 2026-2029, qui mise sur la prévention des conflits, le renforcement de la résilience communautaire et le développement économique inclusif.

Pour les participants, cette initiative représente une opportunité unique de renforcer la coopération régionale, d’échanger les bonnes pratiques et de mobiliser les ressources nécessaires face aux défis émergents.

Vers une feuille de route régionale pour la stabilité

À l’issue des deux jours de travaux, les acteurs présents à Lomé devraient adopter une feuille de route régionale ambitieuse. Celle-ci vise à renforcer les mécanismes de prévention, consolider la coopération transfrontalière, mobiliser des financements durables et améliorer le suivi des actions engagées.

À travers ce Dialogue, le Togo réaffirme une conviction forte : la prévention représente aujourd’hui l’un des investissements les plus stratégiques pour garantir la paix, la sécurité et le développement durable dans le Golfe de Guinée.

Dans une région confrontée à des défis multidimensionnels, le message de Lomé est sans équivoque : prévenir coûte moins cher que guérir, et investir dans la prévention est le meilleur gage d’un avenir stable et prospère pour les populations.

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