Ebola en rdc : le conseil international des infirmières exige le paiement des soignants
Ebola en rdc : le conseil international des infirmières exige le paiement des soignants

Face à l’épidémie d’Ebola qui frappe la République démocratique du Congo (RDC), le Conseil international des infirmières (CII) a tiré la sonnette d’alarme. L’organisation, qui représente plus de 30 millions d’infirmières et d’infirmiers à travers le monde, exige des autorités congolaises qu’elles rémunèrent sans délai les professionnels de santé en première ligne contre le virus.
Depuis la déclaration de la 17e épidémie d’Ebola le 15 mai, les structures sanitaires congolaises, parmi les plus démunies au monde, peinent à contenir la propagation. « On ne peut combattre efficacement Ebola sans rétribuer ceux qui risquent leur vie chaque jour pour sauver les autres », a déclaré Howard Catton, directeur général du CII, dans un communiqué officiel.
Le CII a directement interpellé le ministre congolais de la Santé, Roger Kamba, pour exiger le versement immédiat des salaires et des indemnités de risque impayés depuis deux à trois mois. « Les soignants, souvent exposés à des risques personnels majeurs, mériteront d’être payés régulièrement et bénéficieront des équipements de protection indispensables », a insisté M. Catton.
Fondé en 1899 et basé à Genève, le CII a également appelé à la mise en place d’une assurance, d’indemnités complémentaires et d’autres mesures de protection essentielles pour garantir la sécurité des professionnels de santé.
Cette crise sanitaire, qualifiée de deuxième plus grave épidémie d’Ebola jamais enregistrée, a déjà causé plus de 2 128 décès en seulement trois mois, selon les dernières données officielles. À titre de comparaison, l’épidémie la plus meurtrière en RDC (2018-2020) avait enregistré près de 2 300 morts en deux ans. « La propagation actuelle est plus rapide que toutes les précédentes, a alerté Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Avec 4 566 cas confirmés et plus de 500 millions de dollars nécessaires à la riposte, le financement reste un défi majeur. À ce jour, seulement la moitié des fonds requis a été mobilisée, malgré l’urgence absolue.
Aucun vaccin ni traitement spécifique n’existe encore contre le variant Bundibugyo responsable de l’épidémie. En attendant, l’OMS propose d’utiliser le vaccin Ervebo, homologué pour une autre souche du virus, dans le cadre d’un essai clinique en RDC. « Le protocole est en cours d’examen par les autorités réglementaires », a précisé Vasee Moorthy, responsable du programme de Recherche & Développement de l’OMS.