Dialogue national en RDC : les leaders religieux à la manœuvre pour une paix durable
Le président Tshisekedi lance un appel à l’unité nationale via un dialogue inclusif
Dans un geste fort en direction de la stabilité nationale, le président Félix Tshisekedi a officiellement annoncé le lancement d’un « dialogue national inclusif, apaisé et résolument républicain ». Cette initiative a été dévoilée à l’issue d’une rencontre stratégique avec les principaux représentants des confessions religieuses de la République démocratique du Congo (RDC), organisée dans les locaux de la Cité de l’Union africaine à Kinshasa.
Ce processus vise à renforcer la cohésion nationale tout en respectant scrupuleusement les institutions et la Constitution en vigueur. « Nous nous félicitons de cette annonce et témoignons notre profonde gratitude au chef de l’État pour son engagement en faveur de la paix et de l’unité », a déclaré le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, au nom de l’ensemble de la délégation religieuse.
Selon les échanges tenus lors de cette audience, le président congolais a décidé d’engager le pays dans un dialogue authentique entre tous les Congolais, dont les modalités pratiques restent à définir. « Notre nation a besoin d’une communion profonde entre ses enfants pour surmonter les défis majeurs », a souligné le cardinal Ambongo, insistant sur l’urgence de l’unité face à la crise sécuritaire qui frappe l’est du pays.
Le haut prélat a également confirmé que les responsables religieux avaient accepté avec enthousiasme la mission confiée par le chef de l’État pour accompagner ce processus. « Nous porterons cette initiative comme un véritable apostolat, en appelant tous les acteurs politiques, qu’ils soient au pouvoir ou dans l’opposition, à s’investir pleinement dans ce chantier national », a-t-il ajouté.
Une délégation religieuse unie pour une cause commune
La rencontre a réuni plusieurs figures religieuses de premier plan, dont :
- Mgr André Bokundoa, représentant de l’Église du Christ au Congo ;
- Mgr Ejiba Yamampia, de l’Église de Réveil du Congo ;
- Cheikh Abdallah Mangala, de la Communauté musulmane ;
- Mgr Donatien Nshole, porte-parole de l’Église catholique ;
- Pasteur Éric Senga, porte-parole de l’Église du Christ au Congo.
Une feuille de route détaillée devrait être publiée prochainement, selon des sources internes proches des milieux ecclésiastiques. Cette annonce survient après une série de consultations menées autour de la crise politique et sécuritaire qui secoue actuellement la RDC.
Un contexte régional sous haute tension
Le président burundais Évariste Ndayishimiye, alors président en exercice de l’Union africaine, avait déjà reçu début juillet des représentants de l’opposition congolaise et des responsables religieux à Bujumbura. Il les avait exhortés à faire preuve de flexibilité et à accepter le principe d’un dialogue constructif.
Par ailleurs, le cardinal Ambongo avait été reçu le 9 juillet à Brazzaville par le président congolais Denis Sassou-Nguesso, pour des discussions centrées sur la situation politique et sécuritaire en RDC.
Les défis à venir : entre espoirs et divergences
Malgré l’enthousiasme suscité par cette initiative, de nombreuses questions subsistent quant à son déroulement pratique. Plusieurs points restent à éclaircir :
- La date de lancement du dialogue ;
- Son format (national, provincial, thématique) ;
- Les participants invités ;
- L’ordre du jour précis ;
- Les garanties offertes aux différentes parties prenantes.
Les positions politiques restent en effet très contrastées. Une frange importante de l’opposition exige notamment :
- La libération des prisonniers politiques ;
- L’arrêt des poursuites jugées arbitraires ;
- Le rétablissement des libertés publiques ;
- L’abandon de tout projet de révision constitutionnelle avant le début des discussions.
Fin juin, le président Tshisekedi s’était déjà déclaré ouvert au dialogue, tout en précisant que celui-ci ne devait pas servir de prétexte pour contourner les institutions ou remettre en cause la volonté populaire exprimée dans le respect de la Constitution.
Les responsables religieux lors de leur audience avec le président Tshisekedi à la Cité de l’Union africaine.