Denis Mukwege salue l’initiative de la RDC à la CIJ contre le Rwanda et presse la CPI d’agir
Le Prix Nobel de la paix 2018, Denis Mukwege, a exprimé son appui à la décision de la République démocratique du Congo de saisir la Cour internationale de justice (CIJ) contre le Rwanda. Dans un message publié sur le réseau social X, il a estimé que cette action en justice marque une avancée cruciale dans la quête de vérité et de justice pour les populations de l’Est congolais, théâtre de conflits meurtriers depuis des décennies.
Le médecin et ancien candidat à la présidentielle a félicité les autorités congolaises pour avoir déposé une requête dénonçant les violations présumées du droit international imputées au Rwanda. Il a notamment mentionné le travail du ministre de la Justice, en charge de cette procédure.
“Nous saluons le dépôt de la requête soumise auprès de la Cour internationale de justice par le ministre de la Justice et garde des Sceaux de la RDC, dénonçant les violations du droit international et des droits humains commises par le Rwanda directement et par le truchement des groupes armés sous son contrôle (AFDL, RCD, CNDP, M23/AFC) en RDC de 1996 à nos jours.”
Tout en appuyant cette action devant la plus haute instance judiciaire des Nations unies chargée des différends entre États, Denis Mukwege a souligné la nécessité de mobiliser d’autres outils juridiques pour sanctionner les auteurs individuels de crimes internationaux.
“En complément de cette procédure initiée devant la CIJ, nous continuons à exhorter la Cour pénale internationale à poursuivre ses enquêtes et ses poursuites pour établir la responsabilité pénale individuelle des auteurs présumés des crimes relevant du Statut de Rome, en privilégiant la responsabilisation des chaînes de commandement militaire et politique.”
Le Prix Nobel de la paix a également appelé les États à faire usage du principe de compétence universelle pour traquer les suspects de crimes graves. Il a invité le gouvernement congolais à élaborer une stratégie nationale de justice transitionnelle, incluant la création d’un Tribunal pénal spécial pour le Congo, comme le propose le Rapport Mapping de l’ONU.
“Enfin, nous appelons les États à exercer le principe de la compétence universelle et le gouvernement congolais à mettre en œuvre une stratégie nationale de justice transitionnelle, incluant l’établissement d’un Tribunal pénal spécial pour le Congo tel que proposé par le Rapport Mapping des Nations unies.”
Pour Denis Mukwege, la recherche de justice est indissociable de la prévention des conflits et de la consolidation d’une paix durable en République démocratique du Congo. Il a insisté sur l’urgence d’établir les liens entre ces différents aspects.
“Il y a urgence à établir les liens étroits entre la prévention des conflits, la justice transitionnelle et la consolidation de la paix.”
Le dépôt de la requête à la CIJ a été effectué par le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali. Kinshasa a réaffirmé sa confiance en la justice internationale et sa détermination à faire primer le droit sur la force, à obtenir réparation pour les victimes et à œuvrer pour une paix juste et responsable.
Face à la résurgence de l’AFC/M23 et à l’intensification de l’agression rwandaise dans l’Est, les autorités congolaises ont annoncé que leur riposte ne se limitera pas aux volets militaire et diplomatique. Le président Félix Tshisekedi a appelé à plusieurs reprises à renforcer le front judiciaire international pour obtenir justice, poursuivre les auteurs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, et documenter le pillage des ressources naturelles.