Bilan des infrastructures : Sonko identifie 245 projets à relancer ou achever
Lors d’un conseil interministériel dédié aux infrastructures, le Premier ministre Ousmane Sonko a présenté un état des lieux sans concession des projets en cours. Une analyse approfondie des données ministérielles a permis de mettre en lumière 245 actifs et chantiers inachevés ou sous-exploités, révélant ainsi des opportunités de valorisation ou des besoins urgents d’achèvement.
Le chef du gouvernement a rappelé que cette initiative s’inscrit dans le cadre des recommandations du Conseil des ministres du 15 avril, exigeant un recensement exhaustif des infrastructures en cours dans chaque département ministériel. « L’exploitation des données collectées a permis d’identifier quatre grandes catégories de projets nécessitant une intervention prioritaire », a-t-il souligné.
les quatre catégories de projets à traiter en urgence
Les infrastructures recensées se répartissent comme suit :
- Projets achevés mais non mis en service (30 cas) : 25 d’entre eux sont bloqués, immobilisant 279 milliards de francs CFA. Quinze de ces projets sont classés « haute priorité » en raison de leur impact financier ou des obstacles persistants.
- Actifs déjà opérationnels mais recyclables ou valorisables (23 biens) : Ces infrastructures, réparties dans huit secteurs et gérées par 13 entités, représentent une valeur estimative de 1 065 milliards de francs CFA.
- Chantiers en cours à achever (94 projets) : 62 d’entre eux sont bloqués, avec un investissement global de 5 227 milliards de francs CFA. Leur finalisation nécessite un financement complémentaire de 973 milliards.
- Patrimoine immobilier et foncier recyclable (97 biens) : 91 de ces actifs se situent dans la région de Dakar. Leur valeur marchande atteint 132 milliards de francs CFA, tandis que les coûts de rénovation s’élèvent à 12,1 milliards.
Ousmane Sonko a insisté sur l’urgence de remédier aux blocages, soulignant que les pertes financières se chiffrent en centaines de milliards de francs CFA. Les causes des retards sont multiples : financiers, juridiques, techniques ou opérationnels.
les principaux obstacles identifiés
Les analyses du Premier ministre révèlent que les projets sont freinés par :
- Des blocages financiers (42 projets) : insuffisance de crédits, retards de paiement ou défauts de financement, entraînant l’arrêt des travaux ou l’absence de budget de fonctionnement.
- Des problèmes techniques (18 projets) : retards de livraison, défauts de raccordement, équipements manquants ou coordination défaillante entre les acteurs (maîtres d’ouvrage, opérateurs de réseaux).
- Des blocages juridiques (14 projets) : conflits contractuels, annulations de marchés, blocages administratifs ou absence de cadre réglementaire formalisé.
- Des lacunes opérationnelles (13 projets) : infrastructures achevées depuis des années mais sans modèle d’exploitation ou de gestion, rendant leur utilisation impossible.
Le Premier ministre a dénoncé les « pertes énormes » engendrées par ces dysfonctionnements, attribuant une partie des retards à une méconception des besoins en exploitation dès la phase de conception. Il a pointé du doigt la « roublardise, la négligence et le laxisme » comme responsables des retards et des défaillances.
les mesures correctives annoncées
Pour remédier à cette situation, Ousmane Sonko a pris deux décisions majeures :
- La création d’un comité dédié à la Primature pour finaliser et approfondir l’inventaire des infrastructures.
- Une demande formelle de compléter l’inventaire, jugé encore incomplet par le Premier ministre.
Il a également exhorté les services concernés à anticiper les problèmes de raccordement (eau, électricité) dès la conception des projets, afin d’éviter les blocages liés aux réseaux. Enfin, il a appelé à une tolérance zéro envers les pratiques delaying les livraisons et les défaillances opérationnelles.