Benjamin Ngongang dénonce l’absentéisme prolongé du président camerounais
Benjamin Ngongang dénonce l’absentéisme prolongé du président camerounais
L’analyste des questions de gouvernance au Cameroun, Benjamin Ngongang, a récemment pointé du doigt l’absentéisme récurrent du président Paul Biya. Lors d’une émission télévisée, il a vivement critiqué les longs séjours du chef de l’État à l’étranger, soulignant que cette pratique n’est ni normale ni acceptable pour un dirigeant élu.
Un président absent pendant près de deux mois
Benjamin Ngongang a rappelé que le président Paul Biya a quitté le Cameroun le 7 juin 2026 et n’est toujours pas rentré à ce jour. Selon ses calculs, cela représente 49 jours d’absence, un record qui dépasse largement ses précédents séjours à l’étranger.
« Le président de la République n’est pas élu pour gouverner à l’étranger. Il est normal que l’opposition, mais aussi les députés de la majorité, s’inquiètent de voir le chef de l’État rester aussi longtemps hors du pays », a-t-il déclaré lors de l’émission.
Le Cameroun, un cas unique au monde ?
L’analyste a souligné l’absurdité de cette situation, affirmant qu’aucun autre pays au monde ne tolérerait qu’un président s’absente aussi longtemps. « Il n’y a aucun pays où un président reste plus de 30 jours hors de son territoire, qu’il s’agisse d’un séjour privé ou d’une mission officielle », a-t-il ajouté.
Pour lui, cette pratique met en lumière un problème structurel de gouvernance au Cameroun, où le président semble gérer le pays à distance sans effectuer de visites de terrain.
Une comparaison internationale qui interroge
Benjamin Ngongang a également comparé la situation à celle d’autres dirigeants mondiaux, confrontés à des crises majeures. « Des dirigeants comme le président des États-Unis ou celui de l’Assemblée de l’Iran, en pleine guerre, ne restent pas 49 jours à l’étranger. Ils interviennent rapidement pour régler les conflits, puis rentrent gérer les négociations sur place », a-t-il expliqué.
Selon lui, le président camerounais devrait adopter une approche similaire, quitte à déléguer certaines tâches à ses équipes, plutôt que de s’absenter pendant des semaines.
Quelles conséquences pour le Cameroun ?
L’absence prolongée du chef de l’État soulève des questions sur la stabilité politique et économique du pays. Les Camerounais pourraient légitimement s’interroger sur l’efficacité d’une gouvernance à distance, surtout dans un contexte où les défis internes restent nombreux.
Benjamin Ngongang a conclu en appelant les acteurs politiques, y compris ceux de la majorité présidentielle, à réagir face à cette situation exceptionnelle.
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