Après les projections de la Banque mondiale, le Bénin face au défi de concrétiser sa croissance

Après les projections de la Banque mondiale, le Bénin face au défi de concrétiser sa croissance
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Les dernières prévisions de la Banque mondiale placent le Bénin sur une trajectoire de croissance soutenue jusqu’en 2027, avec un taux de 7,7 % attendu en fin de période. Si ces chiffres confortent la position du pays comme l’un des moteurs économiques de l’Afrique de l’Ouest, ils suscitent aussi des réactions et ouvrent un débat sur les conditions nécessaires pour transformer cette dynamique en prospérité durable. Tour d’horizon des retombées attendues et des perspectives.

Une croissance qui devrait rester parmi les plus élevées de la sous-région

Selon les projections de l’institution financière internationale, le Bénin devrait enregistrer une croissance de 8,1 % en 2025, puis de 7,8 % en 2026, avant de terminer la période sur une hausse de 7,7 % du produit intérieur brut en 2027. Cette séquence, si elle se confirme, maintiendrait le pays nettement au-dessus de la moyenne de l’Afrique subsaharienne. Les investissements dans les infrastructures, la modernisation des chaînes logistiques portuaires et agricoles, ainsi que les réformes destinées à améliorer le climat des affaires constituent les principaux ressorts de cette expansion, qui ne dépend pas des industries extractives.

Inflation maîtrisée et recul progressif de la pauvreté

Les perspectives macroéconomiques s’accompagnent d’une évolution favorable des prix. Après un plus bas estimé à 0,5 % en 2026, l’inflation devrait légèrement remonter pour s’établir à 1,6 % en 2027. Ce niveau resterait bien en deçà du seuil de 3 % fixé par l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), ce qui préserverait le pouvoir d’achat des ménages.

Sur le plan social, la croissance soutenue et la multiplication des projets d’inclusion économique devraient faire baisser le taux de pauvreté, qui pourrait atteindre 22,3 % en 2027, contre 31 % en 2024. Une amélioration significative, même si des défis subsistent pour enrayer durablement la précarité.

Des réactions contrastées et des attentes fortes

Ces prévisions sont accueillies avec un optimisme prudent par les observateurs économiques. Elles confortent la place du Bénin en tête des économies les plus dynamiques de l’UEMOA et devraient rassurer les investisseurs potentiels. Toutefois, plusieurs voix appellent à la vigilance : la concrétisation de ces chiffres dépendra de la capacité du pays à maintenir le rythme des réformes, à garantir la stabilité politique et à faire bénéficier l’ensemble de la population des fruits de la croissance. La question de la répartition des gains et de la création d’emplois reste centrale dans les discussions.

Quelles suites pour l’économie béninoise ?

À l’horizon 2027, le Bénin dispose d’un cadre macroéconomique stable pour attirer de nouveaux partenariats publics et privés. Les autorités devront toutefois transformer cette dynamique en développement inclusif. Les prochaines étapes incluent la poursuite des investissements structurants, le renforcement de la gouvernance et la mise en œuvre de politiques sociales ciblées. Le pays devra également composer avec un environnement international incertain, susceptible d’affecter les flux commerciaux et financiers. La trajectoire actuelle offre une opportunité historique, mais sa matérialisation dépendra des choix qui seront faits dans les mois à venir.

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Souleymane Traoré

Journaliste