Appel urgent pour la liberté de la presse au Mali et au Burkina Faso

Appel urgent pour la liberté de la presse au Mali et au Burkina Faso

liberté de la presse au Mali et au Burkina Faso : 29 organisations lancent un cri d’alarme

Un vendeur de journaux mettant à la Une le coup d’État du 22 janvier 2022 au Burkina Faso. ©Olympie de Maismont – AFP

Sous l’égide de Reporters sans frontières (RSF), près de 30 médias et organisations de défense des droits humains ont uni leurs voix pour alerter sur la détérioration alarmante de la liberté de la presse au Mali et au Burkina Faso. À travers une lettre ouverte adressée aux autorités locales, régionales et internationales, ils exigent la fin immédiate des menaces, intimidations et violences envers les journalistes et appellent au respect des engagements internationaux en matière de droits humains et de liberté d’expression.

une initiative coordonnée par RSF et ses partenaires

Cette mobilisation inédite rassemble des acteurs majeurs de la presse et de la défense des droits :

  • Médias locaux : Joliba Tv News (Mali), Lefaso.net, Le Pays, L’Observateur Paalga, Courrier confidentiel (Burkina Faso), parmi d’autres ;
  • Organisations panafricaines et internationales : Fédération des journalistes africains (FAJ), Union internationale de la presse francophone (UPF), Fondation des médias pour l’Afrique de l’Ouest (MFWA), Fédération internationale des journalistes (FIJ), Human Rights Watch, etc. ;
  • Médias internationaux : Jeune Afrique, Le Monde, Libération, RFI, France 24.

Ces signataires soulignent que la liberté de la presse est un pilier essentiel de la démocratie, surtout dans un contexte de crise sécuritaire et politique exacerbée par les coups d’État récents au Mali (2020) et au Burkina Faso (2022).

des atteintes répétées à la liberté de la presse

Les violations des droits des journalistes se multiplient dans les deux pays :

  • Au Burkina Faso : suspensions de médias (RFI, France 24), menaces de mort contre des journalistes, expulsions de correspondants étrangers, et interdictions arbitraires d’organes de presse indépendants ;
  • Au Mali : saccage de la Maison de la presse de Bamako (février 2023), arrestations de journalistes critiques (Ras Bath, Aliou Touré), suspensions de chaînes locales (Joliba TV), et censures systématiques des médias internationaux.

Ces agissements s’accompagnent d’une campagne de désinformation orchestrée par des influenceurs pro-régime, qui propagent des fake news et menacent les voix indépendantes. Le Conseil supérieur de la communication (CSC) du Burkina Faso a d’ailleurs reconnu la « récurrence des menaces » envers les journalistes, tandis que l’ONU et des experts indépendants dénoncent un rétrécissement de l’espace civique.

appel à l’action : protéger les journalistes et garantir l’accès à l’information

Les signataires formulent six revendications prioritaires :

  1. Mettre fin à toutes les mesures répressives contre les médias et les journalistes ;
  2. Garantir la protection des professionnels des médias victimes de menaces ou d’agressions ;
  3. Conduire des enquêtes impartiales sur les violences commises contre les journalistes ;
  4. Respecter les engagements internationaux (Charte africaine des droits de l’homme et du citoyen, Pacte international relatif aux droits civils et politiques) ;
  5. Soutenir activement cette initiative auprès des instances régionales (UA, CEDEAO, UEMOA) et internationales (ONU, UNESCO) ;
  6. Lutter contre l’impunité des auteurs de violences et de menaces.

Dans leur lettre ouverte, ils rappellent que l’accès à une information libre et pluraliste est un droit fondamental pour les populations malienne et burkinabè, surtout en période de transition politique et de crise sécuritaire.

classement mondial de la liberté de la presse : le Mali et le Burkina Faso en baisse

Selon le Classement mondial 2023 de la liberté de la presse, le Burkina Faso occupe la 58e place (contre 42e en 2022) et le Mali la 113e place (contre 99e en 2022) sur 180 pays. Une chute alarmante qui reflète la détérioration des conditions de travail des journalistes dans la région.

Burkina Faso

Rang : 58/180 | Score : 48,52

Mali

Rang : 113/180 | Score : 45,63

liste complète des signataires

Parmi les 29 organisations ayant signé cette lettre ouverte :

  • AfrikaJom Center ;
  • Association des Journalistes du Burkina Faso (AJB) ;
  • Cellule Norbert Zongo pour le Journalisme d’Investigation (CENOZO) ;
  • Fédération des Journalistes Africains (FAJ) ;
  • Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) ;
  • Human Rights Watch (HRW) ;
  • Reporters sans frontières (RSF) ;
  • Union Internationale de la Presse Francophone (UPF) ;
  • Et bien d’autres médias et ONG africains et internationaux.

Cette mobilisation inédite marque un tournant dans la défense de la liberté de la presse en Afrique de l’Ouest, où les journalistes paient un lourd tribut face à l’autoritarisme et à la crise sécuritaire.

À retenir :

  • Une lettre ouverte signée par près de 30 organisations exige la fin des violences contre les journalistes au Mali et au Burkina Faso ;
  • Le Burkina Faso et le Mali chutent dans le Classement mondial 2023 de la liberté de la presse ;
  • Des menaces, suspensions de médias et arrestations arbitraires se multiplient dans les deux pays ;
  • Les signataires appellent à une protection renforcée des journalistes et au respect des droits humains.

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