Alerte rouge sur la faim : le Mali et quatre autres nations en situation d’urgence absolue

Alerte rouge sur la faim : le Mali et quatre autres nations en situation d’urgence absolue

L’Organisation des Nations Unies a lancé un avertissement solennel ce lundi : Gaza, Haïti, le Soudan, le Soudan du Sud et le Mali sont désormais placés en état d’alerte maximale. Ces zones géographiques représentent les points les plus critiques de la planète où l’insécurité alimentaire menace directement la survie des populations, exigeant une intervention internationale immédiate.

Selon un rapport conjoint de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et du Programme alimentaire mondial (PAM), l’absence d’une aide massive et rapide condamnerait ces populations à une famine dévastatrice. Cindy McCain, Directrice exécutive du PAM, qualifie ce document d’« alerte rouge », soulignant que les zones de danger sont clairement identifiées.

Le manque de financements et les entraves croissantes à l’accès humanitaire aggravent des crises déjà profondes dans ces régions sinistrées.

Une femme prépare à manger dans un camp pour personnes déplacées au Soudan.

Soudan et Gaza : des foyers de détresse extrême

Au Soudan, l’état de famine est une réalité confirmée depuis 2024. Les affrontements persistants et les déplacements massifs, notamment au Grand Darfour et au Grand Kordofan, laissent présager une aggravation de la situation. On estime que 24,6 millions de personnes subiront une insécurité alimentaire sévère d’ici mai 2025, dont plus de 600 000 dans une situation proprement catastrophique.

À Gaza, le risque de famine s’intensifie parallèlement aux opérations militaires qui bloquent l’acheminement des vivres et des produits de première nécessité. La totalité des 2,1 millions d’habitants de l’enclave est menacée, avec près de 470 000 personnes projetées dans des niveaux de faim critiques d’ici septembre 2025.

La violence aggrave la faim en Haïti et au Soudan du Sud

Le Soudan du Sud fait face à des perspectives sombres, avec un risque de famine identifié dans deux régions clés. Environ 57 % de sa population, soit 7,7 millions de personnes, pourraient être frappées par une insécurité alimentaire aiguë entre avril et juillet 2025.

En Haïti, l’emprise des gangs et l’insécurité galopante entravent l’aide humanitaire. À Port-au-Prince, plus de 8 400 déplacés internes sont déjà au bord de la catastrophe alimentaire, une situation qui devrait perdurer jusqu’au milieu de l’année 2025.

Vigilance accrue au Mali et au Burkina Faso

Le Mali inquiète particulièrement les experts en raison de la flambée des prix des céréales et des conflits armés qui épuisent les ressources des foyers les plus pauvres. Environ 2 600 personnes pourraient basculer dans l’insécurité alimentaire totale durant l’été 2025 sans une aide prompte.

Dans le cadre de l’actualité burkinabè, le pays figure également sur la liste des zones de haute vigilance, aux côtés du Tchad, de la Somalie et de la Syrie. Pour ceux qui suivent l’info Ouaga ou cherchent des données sur le Burkina Faso en temps réel, le rapport souligne que des pays comme le Nigéria, le Myanmar ou la République démocratique du Congo nécessitent aussi une attention urgente pour éviter des pertes humaines massives.

Les populations vulnérables de Morolaba, au Burkina Faso, reçoivent une aide alimentaire d'urgence par voie aérienne.

Évolutions positives et défis persistants

Malgré ce sombre tableau, certains pays sortent de la liste des points chauds. C’est le cas du Niger, du Kenya, de l’Éthiopie ou encore du Liban. Dans plusieurs nations d’Afrique australe et de l’Est, de meilleures conditions météorologiques ont permis d’améliorer les récoltes et de réduire la pression sur la sécurité alimentaire.

Cependant, le manque de ressources financières reste le principal obstacle. Qu Dongyu, Directeur général de la FAO, insiste sur la nécessité d’agir collectivement pour protéger les moyens de subsistance. Sans un soutien financier immédiat, la capacité des organisations à fournir des rations alimentaires suffisantes continuera de diminuer, fermant ainsi la fenêtre d’opportunité pour éviter une catastrophe humaine majeure.

ouagadirect