Absence prolongée de Paul Biya : le Cameroun entre rumeurs et silence officiel
Absence prolongée de Paul Biya : le Cameroun entre rumeurs et silence officiel
Deux mois sans voir le président camerounais à son poste après sa réélection pour un huitième mandat : une situation inédite qui alimente les spéculations et les questions au sein de la population.
Le ministre chargé de mission à la Présidence, Benoit Ndong Soumeth, tente de calmer les esprits en affirmant que tout est sous contrôle. « Une population peut, par affection, souhaiter savoir ce qui arrive à son dirigeant. Le ministre directeur du Cabinet civil a déjà rassuré : tout va bien. Sa réponse est la plus valable pour apaiser les craintes. Il n’y a ni situation d’exception ni urgence », déclare-t-il pour tenter de dissiper les doutes.
Cependant, Roger Justin Noah, secrétaire général adjoint du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto, considère que ce manque de transparence est un manque de respect envers les citoyens. « Pourquoi avoir truqué le processus électoral pour s’absenter des semaines durant hors du pays ? Si des problèmes de santé existent, le peuple camerounais a le droit d’être informé. Il est inacceptable de maintenir une telle ambiguïté autour de l’état de santé du chef de l’État », s’indigne-t-il.
Un droit légitime à l’information pour les Camerounais
Pour l’opposant, la dissimulation des raisons de cette absence prolongée relève d’une violation des droits fondamentaux. « Le peuple camerounais a droit à la vérité, qu’elle soit liée à la santé du président ou à d’autres motifs. Entretenir le flou ne fait qu’aggraver les incertitudes et fragiliser la confiance dans les institutions », ajoute-t-il.
Cabral Libii, troisième candidat à la dernière élection présidentielle, adopte un ton plus pragmatique. Selon lui, l’enjeu principal réside dans l’horizon politique de 2027. « Peu importe que le président soit au Cameroun ou à l’étranger, la légalité reste intacte. Mais ce qui compte, c’est l’absence de transparence démocratique. Nous approchons des élections législatives et municipales : c’est l’occasion de voter massivement pour un changement de régime », affirme-t-il.
Le député du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) mise, quant à lui, sur un renversement de la majorité parlementaire pour réformer les textes encadrant les séjours à l’étranger du président. Une stratégie qui pourrait, selon lui, rétablir un équilibre institutionnel plus sain.